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Interview de Khaled Houissa : Etre acteur est un métier à part entière, ça ne s’improvise pas !

Interviews | Publié le 23.07.2014

Nous avons rencontré l’acteur Khaled Houissa à l’occasion de son remarquable rôle de Kamel dans le feuilleton ramadanesque Naouret Lahoua. Khaled de nationalité franco-tunisienne peut compter plusieurs cordes à son arc puisqu’il touche à la foi au théatre, au cinéma et à la télé.

Dans cet interview, il nous parle de ses débuts, des ses expériences et de ses projets…

 

JS : Racontez nous vos débuts ?

KH :
Depuis l’âge d 12ou 13 ans on faisait du théâtre amateur j’ai joué dans plusieurs pièces dans le cadre de l’école puis du lycée, jusqu’à l’année du bac. C’était une expérience fort sympathique mais surtout très enrichissante.
Après avoir eu mon bac, je me suis consacré à mes études de commerce et gestion, et j’ai un peu laissé le théâtre de côté.

Par la suite quand je suis parti finir mes études en France, j’ai intégré un groupe dans des altiers de poche ou j’ai fait de l’improvisation, j’ai appris comment construire un personnage, j’ai travaillé sur les vocalises mais toujours dans un cadre amateur.

En 2005 quand suis revenu en Tunisie, le seul espace culturel prédisposé à accueillir les acteurs en herbe ou des amateurs de théâtre était  celui du TEATRO de Taoufik Jebali et Zeyneb Ben Farhat ou j’ai pu être encadré par des professionnels tels que Atef Ben hassine, Khaoula Htef, Ghazi Zoghbani, Naoufel Azara…. Ce qui m’a permis d’apprendre les ficelles du métier. Cette expérience m’a permis de jouer dans plusieurs pièces de théâtre telles que Manifesto Essourour, Echakabat, Le pain quotidien…

En 2010 j’avais envie de voir d’autres horizons ce qui m’a amené à faire un stage d’un mois avec Fadhel Jeaibi.
Entre temps je commençais à m’intéresser au cinéma et j’ai décroché un rôle dans le court métrage Ghouroub de Fathi Doghri, puis est venu le film de Nada Hfayedh Hkayat Tounsia suivi de Jeudi après midi de Mohamed Dammak et puis les feuilletons et la télé.

JS :Donc vous êtes acteur professionnel ou est ce que vous avez une autre activité par ailleurs ?

KH : Je suis acteur professionnel mais j’ai aussi une petite boite de commerce international. 
Dans notre pays on ne peut malheureusement pas gagner sa vie juste en faisant l’acteur et malgré ça je consacre presque tout mon temps à l’acting.

JS : Dans quelle branche vous sentez vous le plus à l’aise, le théâtre, le cinéma, la télé ?

KH : Le cinéma et le théâtre. Le théâtre parce que je considère que c’est l’art le plus complet, il englobe tout. Au théâtre, on est entier, on ne peut pas mentir, refaire ou couper au montage contrairement au cinéma et à la télé.
Je pense qu’un bon comédien n’est pas forcément un bon acteur, il peut être excellent sur scène mais ne passe pas au cinéma et vice versa. Etre acteur est un métier à part entière, ça ne s’improvise pas !

JS : Choisissez vous vos rôles, ou est ce que vous décidez par rapport au projet dans sa globalité ?

KH :
On n’est pas encore arrivé à ce stade, au choix des rôles. L’acteur en Tunisie n’a pas vraiment le choix et pour cause, on n’a pas vraiment de productions dramatiques, d’ailleurs cette année on n’a eu que deux fictions, du coup le choix et vite fait. 

Peu de gens choisissent d’investir dans les projets audiovisuels et cinématographiques, on a vu la naissance de plusieurs chaines privées qui n’ont pas de vraies lignes éditoriales, on ne comprend pas réellement pourquoi elles sont là. Elles importent et achètent des vieux feuilletons égyptiens ou syriens au lieu de dégager un budget et d’investir dans des travaux tunisiens et originaux.
Ces chaines auraient pu investir dans de nouveaux projets locaux, créer la concurrence pour rehausser le niveau et encourager les jeunes à présenter des projets à la hauteur.

JS : En parlant de concurrence,  est ce qu’elle existe entre les acteurs  tunisiens ?

KH : Sûrement, je pense que c’est légitime mais c’est quand ça devient déloyal que le bas blesse.
Et cela rejoint ce que j’ai dit, si on avait une vraie industrie cinématographique, il y aurait une part de gâteau pour tout le monde et personne ne serait jaloux de personne même si la jalousie et la concurrence existent aussi à Hollywood.

JS : Est-ce que vous écrivez, des histoires, des scénarios… ?

KH : Oui j’écris depuis toujours, ce sont plutôt des projets d’écriture. Ce ne sont pas des scénarios car là aussi ça ne s’improvise pas, c’est un métier à part entière.
D’ailleurs cette année avec Naouret Lahwe, on s’est éloigné de l’individualisme, et de la plume unique puisque Najib Ayad a voulu que ça soit un travail de groupe pour avoir un scénario riche proposant plusieurs axes qui se rencontrent.
Je pense que ce n’est pas possible d’écrire 30 épisodes tout seul, et si c’est le cas on trouvera toujours une défaillance quelques part.

Le scénario de Naouret Lahwa a été écrit par 3 jeunes scénaristes qui sont Feriel Kallel, Sana Bouazizi et Riadh Somai, c’est ce travail de groupe qui fait aussi le succès du feuilleton.  Il faut donner la chance aux jeunes car il y en a beaucoup qui ont du potentiel. 

JS : Comment a été le tournage et le rapport avec le réalisateur Medih Belaid ?

KH : Medih Belaid vivait aux Etats Unies puis en France, il a eu des expériences au moyen orient et dans les pays du golf, riche de ses expériences étrangères, il revenu avec un regard nouveau, une technicité différente.
Hamdi possède une autre qualité que j’apprécie, c’est son rapport avec les acteurs, il nous met à l’aise, ne nous stresse pas, il sait ce qu’il veut, il parle calmement, il est à l’écoute, il prend en considération les idées et met en valeur tous les acteurs car chaque rôle est important.

Nous avons de jeunes talents, cinéastes, réalisateurs, acteurs… qui sont excellents et qui peuvent donner un souffle nouveau et un coup de fraicheur à la scène culturelle tunisienne.

JS : Le téléspectateur tunisien n’est pas vraiment habitué à voir certaines choses à la télé comme la brigade de police que vous représentez dans le feuilleton,  comment avez-vous travaillé sur ça ?

KH :  Je prends l’exemple de l’axe qui me concerne, celui de la brigade de lutte contre la criminalité, c’est une brigade d’élite, détachée d’El Gorjani et liée directement au ministère de l’intérieur. Elle existe réellement et sa mission consiste à s’occuper des affaires criminelles compliquées. C’est une équipe d’investigations techniques qui emploie de jeunes diplômés formés à l’étranger.
Je le sais parce que je les ai rencontrés et j’ai discuté avec eux, ils sont aguerris et ils ont le don de débusquer le crime sans pour autant employer la violence.

JS: Pourquoi voit-on la photo du président déchu Ben Ali sur le mur de votre bureau dans Naouret Lahoua ?

KH :
Parce qu’on voulait situer le feuilleton avant la révolution pour montrer que les histoires taboues dont on ne pouvait pas parler existaient réellement. On voulait aussi mettre le doigt sur les malversations, les combines et les intrusions haut placées.

JS : Est-ce que ce trafic d’organes a réellement existé en Tunisie ?

KH : Nejib Ayed le producteur exécutif a fait lire le scénario à la police et au ministère de l’intérieur et ces derniers ont confirmé l’existence de ces affaires.
Le feuilleton a été proposé avant la révolution mais la demande d’autorisation  a été refusée.

JS : Le feuilleton est étalé sur combien d’épisodes ?

KH : 23 épisodes.

JS : Quels sont vos projets futurs ?

KH : Je prépare le feuilleton « Hekayet Tounsya » qui sera la continuité du film de Nada Hafaiedh. Ça sera des épisodes de 26 minutes diffusés tout au long de l’année et le tournage est prévu pour début octobre 2014.
Les histoires et les personnages vont se développer mais il y aura aussi des nouveautés dans le casting et la trame.

Le but c’est d’en faire un feuilleton qui durera plusieurs années tel que les feux de l’amour ou autre, c’est l’approche que veulent adopter Slim Hfaiedh, Khaled Fenniche et Tarak Thabet afin d’avoir une production tunisienne de bonne qualité hors ramadan.

J’ai aussi un projet de film italien.
J’ai été en Egypte en décembre dernier ou je devais jouer un rôle dans un feuilleton qui s’intitule « El Yaoum El Akhir » de Mhamed Yousef mais le problème c’est que j’étais obligé de rester deux mois sur place pour me familiariser avec la langue égyptienne, ce qui ne coïncidait pas avec le tournage de Naouret Lahwa, du coup j’ai préféré attendre.

Je dois retourner en Egypte avant la fin de l’année pour reprendre mes contacts et voir comment tout cela va se passer…

Portrait chinois :

JS : Votre idée du bonheur ?
KH : Etre en bonne sante, bien entouré et  à l’aise financièrement.

 JS : Si vous pouviez voire qu'une seule personne pour le reste de vos jours qui est-ce que vous choisiriez?
KH : Ma mère

JS : Un métier que vous seriez incapable de faire ?

KH : Travailler dans l’administration.

 JS : Quel comportement humain vous n'arrivez jamais à comprendre ?

KH : L’hypocrisie

 JS : Quelle tâche de la vie quotidienne vous ennuie le plus ?

KH : Faire les courses.

JS : Votre mauvaise habitude ?

KH : Nerveux

JS : La dernière fois que vous avez  pleuré ?

KH : Quand on a tourné à Sidi Othmane là ou sont logés les enfants de la rue, il y avait une atmosphère lourde et triste, j’ai été très touché par la vision des conditions de vie des enfants la bas.

JS :  Avez-vous des travers qui énervent tes amis ?

KH : Je dis ce que je pense et parfois ça peut vexer.

 JS :Votre parfum ?
KH :
Je change souvent de parfum, mes préférés sont M7 de Yves Saint Laurent, Clinique…

JS : Un bon moyen pour vous défouler ?
KH : Du sport, Jogging et tennis

JS : Dans quel pays aimeriez-vous vivre vos derniers jours ?

KH : La Tunisie.

 JS : Le dernier film que vous avez vu et ce que vous en pensez?

KH : J’ai revu Le Pianiste et j’ai adoré comme les fois précédentes.

 JS : Un bruit qui vous énerve ?

KH : Les cris, je ne supporte pas ça !

JS : Si vous pouviez vous payer un luxe régulièrement, lequel ce serait ?
KH :
Être bien entouré des gens que j’aime.

 JS : Que trouve-t-on sur votre table de nuit ?

KH : Un bouquin, mon portable et mes lunettes 

JS : Si vous étiez sur une île déserte et que vous ne pouviez emmener que trois choses, lesquelles ce serait ?

KH : Un bouquin, mon portable et mes lunettes 

JS : Que pensez-vous du monde de la Jet Set ?

KH : C’est beau à voir mais je regarde de loin. C’est un monde superficiel et le côté artistique est beaucoup plus profond que ça.

JS : Comment vous voyez vous dans 20 ans ?

KH : Etre un acteur riche de ses expériences, toujours marié avec des enfants un peu plus grands…


Propos recueillis par Neïla Azouz









 
 
 



 







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